Pyraël, Celui qui renaît
Quand le monde a vieilli jusqu’au bout de ses nuits,
Quand la lumière a tenu sans jamais faire de bruit,
Quand l’ombre a tout appris sans vouloir être reine,
Et que la fin consent à devenir graine,
Alors du feu ancien naît un souffle nouveau :
Pyraël se relève au cœur du grand renouveau.
Celui qui renaît quand le cycle s’achève
On raconte qu’un jour, au terme des longues nuits,
Quand le monde usé plia sous le poids de ses vies,
Un feu que l’on croyait perdu dans la poussière
Palpita doucement, gardé par la lumière.
Nul ne vit sa venue, nul ne sut son vrai nom,
Il naquit du silence et des fins sans pardon ;
De la cendre du temps s’éleva son plumage,
Portant dans chaque braise un ancien héritage.
Certains disent alors, à voix basse, en tremblant,
Qu’il veille les passages quand tout semble mourant ;
Car si l’étincelle vit jusqu’au bout de la nuit,
Peut-être est-il Gardien ? Un Phoenix est Pyraël.

