Les veines de la forêt
Sous la terre endormie circule un chant de sève,
Un murmure ancien que la lumière élève.
Le sol respire encore, gardien des temps passés,
Et le vent, en secret, y dépose ses pensées.
Quand le monde s’éteint, ce cœur d’or se réveille :
C’est là, sous les racines, que la forêt s’émerveille.
Le souffle des racines ...
Il garde la mémoire, les visages, les voix,
De ceux dont la lumière fit trembler autrefois.
Chaque ligne est un souffle, un battement d’étoile,
Une trace d’âme vive au fil d’une spirale.
Les anciens l’ont transmis, secret sous la poussière,
C’est là que la forêt relie le rêve et la lumière.
On dit qu’au cœur du bois, Kaomi s’est assoupie.
Sous ses paupières d’or, la sève a refleuri.
Et dans son songe clair, les âges se confondirent :
passé, présent, futur s’y mirent à s’unir.
La rumeur s’élève, douce comme un secret :
Kaomi aurait rêvé d’un enfant aux yeux violets.

