La veillée de la Lumière
La lumière apparaît quand la nuit se fait lente,
La nuit revient toujours quand la lumière s’absente.
Elles marchent côte à côte au souffle du monde,
L’une éclaire le pas, l’autre garde la ronde.
Nul éclat ne grandit sans l’ombre traversée,
Nulle flamme ne veille sans la nuit acceptée.
L’Étincelle qu’on doit préserver
Aux premiers temps du monde, les hommes ont appris
Que la lumière ne vient jamais sans la nuit aussi.
Car sans l’ombre profonde, nul feu ne se réveille,
Et sans le noir du ciel, nul regard ne s’émerveille.
Ils ont vu que la vie avance en alternance,
Un pas dans l’obscurité, un pas dans la clarté dense.
La nuit n’était pas l’ennemie à combattre sans fin,
Mais un passage lent sur le chemin des humains.
Pourtant ils surent ceci, et le dirent à voix basse :
Si plus aucune étincelle n’est gardée dans la nuit lasse,
Alors la lumière s’éteint, sans bruit, sans retour,
Et la vie quitte le monde à la fin de ses jours

