Kéra, Celle qui se cache
Sous la cendre du monde, elle apprend à se taire,
Un souffle ancien la guide au bord de la lumière.
Née chez les Sans-Lumière, elle avance sans bruit,
Et garde au fond d’elle une aurore enfouie.
Elle porte un feu discret sous la peau du temps,
Kéra ne brille pas : elle se cache, et attend.
Une lumière clandestine...
Elle entend le silence au creux des pas pressés,
Les soupirs étouffés des lumières effacées.
Son cœur bat autrement, sans savoir pourquoi,
Comme un feu retenu qui ne s’avoue pas.
Sous sa peau circule une clarté discrète,
Un éclat qui se tait pour rester en secret.
Mais plus le monde brille de reflets mensongers,
Plus son âme se voile pour ne pas se briser.
Elle marche parmi ceux que la nuit rassemble,
Croyant être seule à sentir ce qui tremble.
Elle ignore encore, dans l’ombre où elle chemine,
Que d’autres, comme elle, portent une lumière clandestine.

