Kaël, l'enfant lumière
Il voyait les chemins où s’éveillent les destins,
Les fils du monde ancien tissés entre les mains.
Sous ses paupières d’or, la nuit se faisait claire,
Et l’espoir renaissait dans le souffle des pierres.
Car rien n’est oublié dans la danse des sphères,
Même l’ombre, un jour, peut redevenir lumière.
La légende de Kael
On dit que Kael est né un soir d’éclipse, quand la forêt retint son souffle.
Son premier cri aurait allumé les pierres du rivage, dessinant dans l’eau des reflets que nul vent ne put éteindre.
Les Anciens le nommèrent “celui qui lit la lumière” : il voyait ce que les autres oubliaient, les traces du vivant dans la poussière, les voix des saisons derrière les nuages.
Il ne parlait presque jamais.
Mais quand il posait ses mains sur la terre, les songes s’apaisaient.
On raconte qu’il pouvait reconnaître la flamme d’un être à son ombre seule, que même la nuit, il percevait la clarté secrète des âmes endormies.
Un jour, Kael disparut au cœur de la forêt.

