Asha et Nyra, les gardiennes du seuil
Asha voyait ce qui brillait trop fort.
Nyra, ce qui brillait trop loin.
Ensemble, elles gardaient le passage entre deux mondes.
L’une parlait aux vivants, l’autre aux souvenirs.
Et dans leur silence commun, naissait l’équilibre.
L’une entend le vivant, l’autre veille la mémoire.
Entre leurs mains, le monde respire encore.
De l’ombre sont venues deux âmes jumelles...
Asha voyait le feu des âmes trop ardentes,
Nyra cherchait l’éclat des lueurs défaillantes.
Nées dans les cités froides des Sans-Lumière éteints,
Elles portaient, en secret, le chant des lendemains.
Au fond de leurs cœurs sombres vibrait une étincelle,
Une leurre ancienne, douce et presque immortelle.
Elle liait leurs esprits aux souffles des vivants,
Aux cris, aux pas, aux peurs, aux rêves des enfants.
Asha parlait aux cœurs d’une douceur profonde,
Son éléphant gardait la mémoire du monde.
Nyra, dans le silence où rôdent les félins,
Suivait la panthère noire aux reflets cristallins.
Ensemble, elles veillaient sur le passage obscur,
Entre l’ombre et le feu, l’instinct et le murmure.
Elles rappelaient aux hommes qu’au plus noir du sommeil,
La lumière attend juste… qu’on rouvre le soleil.

